Réclame intempestive.

Un ptit coup de pub (ben oui, il en faut bien de temps en temps) pour Anteus03.sky, pour qui j'ai écrit un article ici. (Là vous vous dîtes "elle abuse, c'etait un coup de pub intéressé parce qu'il a eu la gentillesse d'héberger un de ses textes!", ce à quoi je réponds que vous êtes vilains de penser ça.)

# Posté le lundi 25 mai 2009 17:00

En Mai faîtes ce qu'il vous plait.

Mon amour est beau.
Mon amour a des bras qui me disent de venir et quand il vacille en chantant je chantonne avec et c'est joli. Les idées en vrac, il dessine des ponts entre elles, il pianote sur ses dix doigts en fredonnant Lalala. Dès qu'il baille, je baille aussi, il a des éclats dorés dans les yeux autour de la pupille qui dansent lorsqu'il met ses dents en éventail pour rire, et il m'emmène loin loin quand se cogne à la mienne son haleine bleutée.
Les filles disent que j'en ai de la chance, elles sont jalouses qu'il tienne ma main pour que je ne tombe pas. Je cours dans l'escalier, mes talons s'enfoncent entre les lattes en faisant gronder le plancher, j'entends le tintement des clefs de la pionne qui me dit vous êtes en retard jeune fille, j'réponds oui madame. J'ai plus la notion du temps.
En haut j'arrête mes pieds pour reprendre mon souffle, que mes joues folles cessent de chauffer. Mon ventre clapote trop, ça vibre fort fort, ça bourdonne t'entends? J'compte jusqu'à 3. Et je presse la poignée.
*****Mais j'connais rien à rien, j'comprends pas quand on me parle, j'ai l'esprit composé des murs de ses histoires, engourdi par le sucre de sa voix, empli du volume de son être. J'ai que le son d'un visage qui enivre ma tête, un peu des paillettes du gris de ses yeux a jailli dans les miens, il a envoyé valdinguer tout ce que je savais en déboulant dans mon corps.
**Même le goût des biscuits que je prends à midi a changé depuis que je le connais, et la sonnerie du réveil est chaque matin un peu moins stridente, un peu moins craquelé le vernis du ciel au moment de froisser les rideaux.
En Mai faîtes ce qu'il vous plait.

# Posté le mardi 12 mai 2009 15:33

Modifié le mardi 12 mai 2009 17:06

"le rimmel, fondu au soleil de juin, a déjà fait quelques coquarts dans l'assistance" (Grandir, Gilles Leroy)

"le rimmel, fondu au soleil de juin, a déjà fait quelques coquarts dans l'assistance" (Grandir, Gilles Leroy)
*****Se lancer, il dit qu'il aime ça, se lancer, c'est c'qu'il dit. Il demande ce qu'elle a fait de plus fou dans sa vie, et puis ce qui la motive à vivre, et plein d'autres trucs comme ça, mais elle sait pas quoi répondre la fille. Elle a pas l'habitude qu'on s'intéresse à elle, elle aime pas dire ce qui se passe à l'intérieur. Elle dit qu'elle sait pas, non, elle écoute plein de musiques différentes aussi, elle peut pas dire précisément c'qu'elle aime, et puis toi, parle de toi plutôt, elle retourne les questions ouais, sans y avoir vraiment répondu. Pour pas risquer qu'il y ait de trop longs blancs qui voudraient tout dire.
**Elle avance quand il s'arrête, pour ne pas casser le rythme, c'est dans ces moments durant lesquels il se passe rien qu'il se passe le plus de choses, elle le sait. Y a comme un malaise qui plane, même si il est sucré et plaisant quelque part.
*****Ils se posent sur des marches, ils se lèvent, ils avancent, ils mettent leurs mains dans l'eau de la fontaine et montent sur le rebord, il lui tient la main et tout à coup leurs doigts sont dessoudés elle sait plus comment ni pourquoi. Ça fait comme une absence. Même quand elle essaie le soir de se repasser le film de la soirée elle y arrive pas, elle a même oublié le visage. Elle se souvient de la sensation du regard sur elle, de ce visage braqué sur le sien, mais elle ne parvient plus à se représenter les yeux, les traits, le sourire, car pourtant il souriait souvent.**-**Et même si elle se dit qu'elle a tort, même si elle se raisonne, elle a toujours le portable sur elle quand même, guettant un appel, même si elle nie, même si elle fait semblant de n'pas y penser, d'avoir oublié.

# Posté le vendredi 08 mai 2009 13:34

Modifié le mardi 12 mai 2009 17:07

"Oh Frances! L'extravagance. L'origine douteuse des fonds nécessaires. La générosité. En larmes, Mercedes a remercié Frances et l'a embrassée en lui disant qu'elle l'aimait. Frances lui a répondu de cesser de mouiller son uniforme." Un parfum de cèdre, Ann-Marie MacDonald

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Elle a téléphoné pour demander si on pouvait pas se voir plus tard finalement, genre à 22h parce qu'elle a pas encore mangé, elle dit en riant qu'elle s'était endormie. Alors je dis que oui, et que c'est drôle parce que je m'apprêtais justement moi aussi à lui téléphoner pour lui dire la même chose, moi aussi j'ai pas encore eu le temps de manger. Même si c'est pas vrai en fait. Elle dit, légèrement, que c'est marrant la coïncidence, que décidément on était vraiment faîtes pour se rencontrer nous deux. J'réponds rien, elle demande pas plus d'explications. Et elle raccroche.

On parle du passé, comme si c'était y a mille ans alors que ça n'a que quelques jours, j'lui dit, ah tu te rappelles, la dame là qui croyait qu'on était s½urs, et là fois où on les avait plantés là alors qu'ils avaient commandé des pizzas et qu'on s'était levé avec nos airs de chieuses en disant qu'on avait envie d'un Mc Do, et aussi le moment où ceci cela, mais elle dit qu'elle s'en souvient pas, genre elle y attache pas d'importance, elle garde sa mémoire pour autre chose. J'rigole avec elle et j'dis que c'est bien ça moi, me souvenir de détails insignifiants. On trinque en se regardant dans les yeux pour pas que ça nous porte malheur, on ne goûte pas la boisson de l'autre, elle a déjà vidé son verre d'un trait.

"Oh Frances! L'extravagance. L'origine douteuse des fonds nécessaires. La générosité. En larmes, Mercedes a remercié Frances et l'a embrassée en lui disant qu'elle l'aimait. Frances lui a répondu de cesser de mouiller son uniforme." Un parfum de cèdre, Ann-Marie MacDonald

# Posté le jeudi 23 octobre 2008 16:01

Modifié le mercredi 13 mai 2009 12:53